Bonsoir visiteuses et visiteurs, ce soir je vous parle d'un temps que les moins de 31 ans ( bien que très jeunots à l'époque ... ) ne peuvent pas connaitre, eh oui: qu'y avait-t-il avant ce fabuleux forum des halles, si calme, si propice à la méditation ? Ce lieu magique fut inauguré en 1979 et en fouillant dans mes archives j'ai retrouvé cette photo montrant l'état des lieux au tout début des travaux.
On aperçoit en arrière-plan la belle église Saint Eustache ( qui heureusement a échappé au zèle destructeur des promoteurs...) et tout à côté une des halles encore debout en cette fin des années soixante dix. Quel dommage de ne pas avoir conservé ce témoignage de l'architecture industrielle du début du second empire, Baltard qui a construit aussi l'église Saint Augustin, aurait mérité que ses batiments ( fonctionnels pour l'époque ) soient mis en valeur dans un site voué à l'architecture...mais comme l'indique les paroles de l'Internationale : du passé faisons table rase...
A l'époque j'habitais encore Paris et je passais régulièrement à proximité de ce qui était appelé " le trou des halles " ( moins profond que le trou de la sécu toutefois...) chacun et chacune se demandant ce qui pourrait bien surgir de ces entrailles béantes; les mois passaient, l'excavation devenait de plus en plus profonde et le ballet des camions paraissant minuscules tout au fond, se poursuivait.Risquant un oeil derrière les palissades, le badaud happé par une curiosité insatisfaite, poursuivait son chemin se demandant s'il vivrait assez longtemps pour voir, enfin, l'aboutissement du projet.
Hier j'ai ressorti de la bibliothèque un album de Sempé : LA GRANDE PANIQUE édité en 1966 et j'y ai retrouvé avec délices toute une série de dessins baignant dans la poésie et la tendre observation.
Un exemple : sur cinq niveaux le périple d'un looser , dernier dans la file d'attente du cinéma, lorsque son tour arrive il n'y a plus de place, ensuite attente de l'autobus sur le trottoir toujours dernier de la file il ne peut monter à bord: complet! même scénario devant la boulangerie , les clients précédents sont servis, c'est enfin à lui, plus de pain ! souriant enfin chez le dentiste, il pense ètre le dernier, une porte s'ouvre ,le dentiste lui fait signe, son visage change brusquement : c'est à lui, enfin premier !
Autre dessin d'une grande drôlerie: un homme politique sur une estrade, en plein air,parlant dans un micro, devant 5 personnes : certains ont essayé de boycotter notre campagne. Mais je leur dit :" attention ! "
Un de ceux que je préfère : un brave petit bourgeois sur la terrasse de son pavillon de banlieue, assis devant une lunette astronomique braquée sur le ciel, sa femme s'approche derrière lui et lui dit - Réfléchis une seconde, Armand: si réellement il y a des ètres doués d'une intelligence supérieure, pourquoi veux-tu qu'ils t'envoient des signaux à toi ?
Un dernier pour la route : un théatre à l'italienne, sur scène un acteur assis sur une sorte de trône, à ses cotés un autre acteur costumé et doté d'une épée et dans la salle aux premiers rangs une femme prenant les spectateurs à témoin en désignant la scène : - il est courageux , Rodrigue, hein ? il est vertueux , hein ? Eh bien voulez-vous que je vous dise combien il me verse de pension alimentaire pour moi et les petits ?
Je ne résiste pas ( après avoir vu le journal télévisé et la séquence consacrée à Washington, où il est tombé 70 cm de neige...) : une rue recouverte d'une épaisse couche de neige, on aperçoit la silhouette des voitures complètement ensevelies. Au premier plan on voit la forme neigeuse d'une voiture entamée,un petit garçon a creusé là où devrait se trouver le capot; mais il n'y a plus de voiture dessous, seule la silhouette demeure et le propriétaire , près de la forme ,dit, s'adresssant à son épouse : Hélène ! je crois qu'on a volé la voiture !
Hier, en fin d'après-midi, séance de cinéma : avant qu'il ne soit retiré de l'affiche je me précipite au Vauban pour voir OCEANS. Le plaisir est total, submergé par la beauté des images , par ces sons également on demeure abasourdi par la splendeur de la nature , par toute ces vies qui peuplent les immensités marines. Il y a aussi des images cruelles ou désespérantes comme celles de ces bateux japonais pourchassant les requins, coupant les ailerons , la queue de ces malheureux squales et les rejettant, vivants dans les eaux du Pacifique et c'est l'agonie dans les profondeurs, semblable à celle d' un homme que l'on aurait ligoté et lesté d'une gueuse de fonte.
Triste aussi ce phoque nageant à proximité d'un site industriel, au milieu des immondices, d'ordures diverses, de sacs plastique, de caddies de supermarché...
Heureusement il y a ces scènes insolites où l'on voit, conséquence d'un cyclone ayant ravagé une ile en arrachant la végétation, des iguanes posés sur ces lambeaux arrachés à la terre et qui partent au gré des courants vers un destin incertain, la chance aidant peut-ètre poseront-ils les pattes sur une ile inconnue...
La nature n'et pas cruelle elle est neutre et indifférente et le même scénario est vécu depuis de millions d'années: au sommet de la hiérarchie le plus faible est dévoré par le plus fort, le faible à son tour s'attaque à celui qui est à sa portée, la ruse, l'agilité et la chance garantissent la survie.
Ce tournage a demandé plusieurs années et le résultat est vraiment époustoufflant , ainsi ce regroupement gigantesque de bancs de sardines au large de l'Afrique du Sud, attirant des hordes de dauphins, de requins et surtout ces extraordinaires escadrilles d'oiseaux, volant en rond au-dessus des flots qui soudain ferment leurs ailes et piquent comme des stukas et happent leur proie sous la surface de l'eau, tandis que les centaines de milliers de sardines exécutent comme une sorte de ballet tournoyant tantôt sur la gauche, tantôt sur la droite.
Oui un magnifique spectacle d'où l'on ressort ébloui.......et inquiet.
PETITS MOTS SANS IMPORTANCE:
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Echec électoral : La chambre des dépités Esthéticiennes: grandes consommatrices de Kilos ouate
Auteur : n'attend pas toujours d'ètre publié pour paraître
Rayons X : chez les libraires là où l'on range les revues porno